Comment aménager un vivarium pour préserver la santé et le bien-être de ses reptiles

Comment aménager un vivarium pour préserver la santé et le bien-être de ses reptiles

La classe des Reptilia comprend plus de 7780 espèces réparties dans le monde entier, les régions chaudes abritant plus d’espèces que les régions froides. Cependant, certaines espèces de reptiles, la vipère commune et le lézard européen par exemple, peuvent être trouvées aussi loin au nord que le cercle arctique. Compte tenu de cette incroyable diversité de biomes, il est impossible de rendre justice aux besoins d’élevage de cette catégorie d’animaux dans un seul article. Cet article se concentrera donc sur les concepts clés de la mise en place d’un vivarium standard afin de préserver la santé et le bien-être de ses occupants.

Les reptiles captifs étant entièrement dépendants de l’environnement dans lequel leurs propriétaires les placent, la cause première de nombreuses affections cliniques des reptiles est un logement inapproprié, souvent dû à l’ignorance du propriétaire. L’infirmière vétérinaire doit donc avoir une bonne connaissance des besoins de base en matière de logement et d’élevage des espèces les plus couramment détenues. Il est essentiel de déterminer l’origine géographique de chaque espèce afin de créer un environnement aussi proche que possible de la nature. Il convient donc de consulter des textes sur les besoins de chaque espèce avant d’acheter et d’installer un vivarium.

Choix du vivarium et positionnement

La conception et les matériaux de construction d’un vivarium sont très variables. Les éléments essentiels d’un bon vivarium pour reptiles en captivité, outre le fait qu’il soit de taille appropriée et qu’il ne puisse pas s’échapper, sont qu’il doit permettre un chauffage, un éclairage et une ventilation faciles. Les matériaux couramment utilisés sont le Perspex, la fibre de verre et le verre renforcé. Il existe des vivariums en bois qui retiennent bien la chaleur, mais ils doivent être recouverts d’une finition résistante à l’eau pour éviter qu’ils n’abritent des bactéries.

Une bonne ventilation est essentielle, quel que soit le type de matériau de construction choisi, afin d’éviter la condensation et le développement d’agents pathogènes. Afin d’assurer un flux d’air adéquat, des panneaux de ventilation devraient être installés en haut et en bas du compartiment.

Pour les espèces arboricoles (qui grimpent aux arbres), comme l’iguane vert, l’accent devrait être mis sur la hauteur verticale, ce qui permet de prévoir des branches et des perchoirs, plutôt que sur l’espace horizontal. En revanche, pour les espèces terrestres, comme les membres de la famille des tortues, l’accent doit être mis sur l’espace horizontal, ce qui permet d’aménager des rochers et des branches basses.

L’emplacement du vivarium est une considération importante qui est souvent négligée comme source de stress chez les reptiles en captivité. Les espèces les plus couramment gardées proviennent d’habitats sauvages qui, à l’exception des vocalisations d’oiseaux ou des bruits d’insectes, sont relativement calmes. Le reptile vivant dans un vivarium placé près de la télévision ou des haut-parleurs subira des vibrations complètement différentes de celles qu’il connaîtrait dans la nature.

Le chauffage dans un vivarium

Le chauffage est essentiel, et nécessite une compréhension de la biologie des reptiles. Tous les reptiles sont poïkilothermes, ce qui signifie qu’ils sont incapables de générer de la chaleur métabolique et que leur température corporelle varie en fonction de la température de leur environnement. La température corporelle préférée (PBT) d’un reptile varie en fonction de l’espèce, de l’âge, de l’activité et de la saison et correspond à la température à laquelle le métabolisme est optimal. La zone de température optimale préférée (POTZ) est la plage thermique de l’habitat naturel du reptile dans laquelle il fonctionne de manière optimale et présente une réponse immunitaire maximale . Les exigences en matière de plage thermique d’un reptile varient selon qu’il provient d’un climat tempéré, subtropical ou tropical.

La majorité des espèces couramment détenues proviennent des tropiques, où il fait chaud toute l’année. Les températures diurnes des reptiles tropicaux varient entre 26 et 37 °C, tandis que les reptiles tempérés ont besoin d’une température comprise entre 24 et 29 °C .

Afin d’offrir un POTZ optimal à un reptile, il faut lui fournir une source de chaleur. Le type de méthode de chauffage choisi doit idéalement être sélectionné selon que le reptile est un héliotherme ou un thigmotherme. À l’état sauvage, les espèces héliothermes obtiennent de la chaleur rayonnante en se chauffant aux rayons du soleil ; c’est pourquoi les lampes chauffantes sont la méthode de chauffage préférée. Les thigmothermes comprennent les espèces plus nocturnes et crépusculaires qui gagnent de la chaleur par conduction en se chauffant sur des objets chauds ; les coussins chauffants sont donc plus adaptés dans ce cas.

Les coussins chauffants sont l’une des méthodes de chauffage les moins puissantes pour les reptiles et ne conviennent donc vraiment qu’utilisés seuls pour les espèces des régions plus tempérées, comme les serpents des blés. Dans de nombreux cas, il est approprié de fournir de la chaleur à l’aide d’un coussin chauffant, qui crée une source de chaleur de fond continue, et d’une lampe chauffante, qui agit comme un point chaud focalisé (Girling, 2003). L’apport de chaleur doit être organisé de manière à créer un gradient de température dans le vivarium afin que ses occupants puissent choisir à tout moment la température qu’ils préfèrent (figure 1). On peut y parvenir en plaçant tous les dispositifs de chauffage à une extrémité du vivarium, ce qui permet de distinguer une extrémité chaude et une extrémité froide.

Pour les espèces arboricoles, on peut établir des gradients qui fonctionnent verticalement plutôt qu’horizontalement en fournissant des lianes ou des branches qui permettent au reptile de grimper. Le coussin chauffant ne doit pas occuper plus de 30 % du vivarium et il est essentiel qu’il n’y ait aucun contact direct entre le reptile et le coussin chauffant. Pour cette raison, le coussin chauffant doit être placé sous le vivarium ou fixé sur le côté. Un point chaud focal, sous la forme d’une ampoule en céramique ou à infrarouge, doit également être fourni comme zone de lézardage ; il est essentiel qu’il soit équipé d’un grillage de protection pour éviter les brûlures thermiques qui sont malheureusement fréquentes et graves lorsque les ampoules ne sont pas couvertes.

Un thermostat est un élément essentiel de l’installation d’un vivarium car il régule la puissance de la source de chaleur afin de maintenir les températures dans une plage déterminée. Un thermomètre devrait être placé aux deux extrémités du gradient thermique afin de fournir des mesures précises des extrêmes. Un enclos trop petit créera un environnement assez linéaire (extrémité chaude, extrémité froide) qui diffère grandement de la mosaïque de températures qu’un reptile connaîtrait dans la nature .

Lumière à ultraviolet

La lumière ultraviolette (UV) est extrêmement importante pour les espèces diurnes de reptiles qui sont souvent originaires de régions du monde où l’intensité des rayons ultraviolets du soleil est élevée. Ces rayons ultraviolets (en particulier les UVA de la bande de fréquence A) stimulent un certain nombre de fonctions chez le reptile, notamment l’appétit, les comportements d’accouplement et le bien-être général. La bande de fréquence B (UVB) du spectre ultraviolet est extrêmement importante car elle favorise la production de vitamine D3 à partir de précurseurs dans la peau du reptile. La vitamine D3 est intimement liée au métabolisme du calcium et à la croissance des os. Un manque d’UVB entraîne une carence en vitamine D3 et une ostéodystrophie nutritionnelle (maladie métabolique des os) qui peut s’avérer fatale. Les UVC ne sont pas considérés comme importants dans l’élevage des reptiles.

Certains reptiles, y compris les espèces plus nocturnes et crépusculaires, ne sont pas aussi sensibles que les espèces diurnes à la privation d’ultraviolets, car on pense qu’ils obtiennent suffisamment de vitamine D3 préformée dans leur alimentation . Une grande partie des besoins en D3 de ces espèces est obtenue par le biais de leur régime alimentaire composé de petits vertébrés, qui sont riches en vitamine D3.

Des études récentes ont toutefois confirmé, grâce à des relevés d’UV-mètres effectués dans la nature à l’entrée du terrier des espèces nocturnes, que les UV pénètrent à des niveaux modérés dans le terrier lui-même. Cela confirme que les espèces nocturnes sont effectivement exposées à certains rayons UV. De nombreuses espèces nocturnes captent également les toutes dernières minutes du crépuscule (le gecko tokay, par exemple).

S’il existe un moyen, aussi minime soit-il, pour qu’un reptile sauvage soit ou puisse être exposé à la lumière naturelle du soleil dans la nature, alors l’apport d’UV ne peut être que bénéfique en captivité, s’il est fourni de la bonne manière et pendant la bonne période de temps. La lumière ultraviolette est donc de plus en plus considérée comme bénéfique pour toutes les espèces de reptiles.

Il existe une variété d’options d’éclairage, les bandes lumineuses à spectre complet étant un choix populaire pour les enclos de petite et moyenne taille. Un éclairage à spectre complet est un éclairage qui imite les rayons produits par le soleil et inclut les rayons UV (Shingleton et Cottingham, 2011). Il est essentiel de choisir une lumière UV à spectre complet de bonne qualité, spécifique aux reptiles. Les lampes UV doivent être placées à l’intérieur du vivarium car le verre et le Perspex filtrent les rayons UV si la lumière est placée à l’extérieur. L’émission d’UV diminue avec la distance de la source et à une distance d’environ 60 cm, elle est presque négligeable  ; c’est pourquoi les sources lumineuses sont idéalement placées à une distance de 30 cm de l’aire de repos du reptile. L’émission de rayons ultraviolets diminue également avec l’âge, de nombreuses ampoules n’ayant qu’une durée de vie de 6 à 9 mois ; il est donc essentiel de remplacer les ampoules régulièrement, conformément aux instructions du fabricant. Selon Shingleton et Cottingham (2011), pour une synthèse satisfaisante de la vitamine D3, les reptiles doivent avoir accès aux UVB pendant 10 à 14 heures par jour. Des températures adéquates pour le lézardage, et des zones plus fraîches ailleurs, favoriseront cet accès.

Guide étape par étape de l’installation d’un vivarium

  1. Choisissez soigneusement l’emplacement du vivarium. Les reptiles sont facilement stressés par les vibrations fortes, comme celles émises par les téléviseurs et les radios.
  2. Assurez-vous que le vivarium est adapté à l’espèce – les espèces arboricoles ont besoin d’une cage orientée verticalement et les espèces terrestres d’une cage orientée horizontalement.
  3. Prévoyez une source de chaleur. Placez un coussin chauffant sous le vivarium – il ne devrait pas couvrir plus de 30 % de la longueur de l’enclos. Cela fournira une chaleur de fond continue.
  4. Une lampe chauffante (munie d’une protection) devrait être placée à l’intérieur du vivarium, à la même extrémité que le coussin chauffant – cela fournira un point chaud focal.
  5. Fixez un thermomètre à chaque extrémité de l’enclos afin de surveiller le gradient thermique créé. Assurez-vous qu’il y a une zone de lézardage, qui sera plus chaude que le reste du vivarium.
  6. Prévoyez une lumière ultraviolette appropriée dans le compartiment, placée à moins de 30 cm de la zone de lézardage du reptile.
  7. Fixez un hygromètre sur une paroi du vivarium afin de contrôler le taux d’humidité.
  8. Recouvrez le sol du vivarium d’un substrat adapté à l’espèce. Pour les espèces fouisseuses, veillez à ce qu’il soit suffisamment profond pour qu’elles puissent exprimer ce comportement.
  9. Ajoutez du mobilier adapté à l’espèce. La stimulation environnementale est essentielle pour toutes les espèces de reptiles en captivité et peut être fournie par divers moyens. Des tubes de bambou et des tuyaux en plastique peuvent être utilisés pour créer des cachettes dans la partie supérieure des enclos arboricoles, tandis que les espèces terrestres apprécieront les rochers, les rondins ou les branches basses.
  10. Surveillez la température et le taux d’humidité pour vous assurer qu’ils sont maintenus correctement avant l’occupation du lieu.

Humidité dans le vivairum

L’humidité relative d’un vivarium se mesure en pourcentage, 100 % correspondant à un air totalement saturé de vapeur d’eau. Comme les reptiles proviennent d’une variété de climats, leur tolérance à l’humidité dans leur environnement varie. Les espèces des régions désertiques sèches ont besoin d’un taux d’humidité de seulement 25 %, tandis que les espèces vivant dans les forêts tropicales peuvent avoir besoin d’un taux d’humidité de 90 %.

Il est important de fournir un taux d’humidité correct pour chaque espèce car un environnement trop sec peut entraîner une dysecdysis (difficulté à muer) et des conditions trop humides peuvent entraîner une maladie des cloques de la peau (Girling, 2003) ou une pourriture de la carapace chez les tortues. Afin de mesurer l’humidité dans un vivarium, un hygromètre est essentiel.

On a souvent l’impression qu’il faut diminuer la ventilation afin d’augmenter l’humidité. Or, une telle action peut entraîner une stagnation de l’air et une augmentation des agents pathogènes, ce qui peut conduire à des maladies. Il est donc préférable de maintenir la ventilation et de réguler l’humidité en offrant une plus grande surface d’eau dans l’enceinte. Les niveaux d’humidité peuvent être augmentés par diverses méthodes, notamment la brumisation (généralement effectuée à l’aide d’un vaporisateur contenant de l’eau chaude, deux ou trois fois par jour.

Des dispositifs de brumisation sophistiqués sont également disponibles), des jeux d’eau, des bacs à eau peu profonds ou des chambres d’humidité dans les parties centrales du vivarium. Un bol d’eau placé vers l’extrémité chaude du gradient thermique augmentera l’humidité atmosphérique, tandis qu’un bol d’eau placé vers l’extrémité plus froide maintiendra les niveaux d’humidité à un minimum.

Quel Substrat utiliser dans son vivarium

Le substrat est le milieu qui se trouve au fond du vivarium pour absorber l’urine et les fèces. Il existe une grande variété de substrats, certains plus esthétiques que d’autres. Le choix doit cependant être déterminé en fonction de la situation géographique de l’espèce ; par exemple, les espèces vivant dans le désert doivent être maintenues sur du sable, tandis que les espèces terrestres ou fouisseuses apprécieront les copeaux d’écorce grossiers ou les copeaux de bois. Quel que soit le substrat choisi, il doit cependant être non toxique, facile à nettoyer et ne pas pouvoir provoquer de fécondation en cas d’ingestion.

Aménagement des cages et enrichissement de l’environnement

Le mobilier de la cage doit être choisi en fonction des besoins de l’animal (figure 4), et ne doit pas comporter d’aspérités ou de saillies susceptibles de blesser l’animal. Les espèces arboricoles comme l’iguane et le caméléon aiment explorer l’espace vertical (figure 5). Il faut donc leur fournir des branches et du feuillage verticaux ou inclinés, ainsi que des perchoirs horizontaux placés à différentes hauteurs. La plupart des espèces terrestres ont besoin d’un peu de variété dans leur environnement, comme des rochers, des rondins ou des branches basses, ainsi que des possibilités de se cacher. Presque toutes les espèces de reptiles sont secrètes et apprécient les endroits où se cacher, placés à plusieurs endroits permettant au reptile de thermoréguler comme il se doit.

Fournir un environnement correct qui reproduit les principaux éléments de l’habitat naturel du reptile est essentiel pour sa santé et son bien-être en captivité. Si ce n’est pas le cas, il en résultera du stress et une mauvaise santé avec des conséquences potentiellement fatales. Il est donc essentiel de faire des recherches sur l’espèce choisie avant d’acheter et d’installer un enclos. Il est essentiel que les reptiles en captivité reçoivent tous les éléments dont ils ont besoin pour se développer et pas seulement pour survivre.

A retenir pour votre vivairum et vos reptiles

  • Il est essentiel de déterminer la situation géographique d’une espèce afin d’imiter un environnement aussi proche que possible de la nature.
  • Un gradient thermique doit être fourni pour permettre au reptile de se thermoréguler.
  • Une lumière ultraviolette doit être placée à moins de 30 cm de la zone de lézardage du reptile.
  • Si l’on ne fournit pas les éléments clés de l’environnement naturel d’un reptile, il en résultera une mauvaise santé et peut-être même la mort.
AnimalduNet
ADMINISTRATOR
PROFIL

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont marqués avec *